BTP: tensions entre patronat et CGT

La CGT-Construction, premier syndicat du secteur, s'est plainte mercredi de voir sa délégation empêchée d'accéder au bâtiment de la Fédération française du bâtiment (FFB), où se tenait une négociation sur la convention collective, en raison de la présence non désirée d'un négociateur.

Syndicats et patronat devaient lancer à 09H00, au siège de la FFB à Paris, une négociation pour réviser la convention collective nationale du bâtiment. "Quand on s'est présentés, ils nous ont interdit l'accès au bâtiment" car "ils refusent la présence de Philippe Christmann", chef de file de la délégation CGT et, surtout, au coeur d'un procès avec la fédération patronale, a raconté Jean-Pascal François, porte-parole de la CGT-Construction.

Administrateur de la fédération syndicale, M. Christmann a été condamné à verser environ 17.000 euros à la FFB pour des dégradations légères (jet de peinture à l'eau principalement) commises lors d'une manifestation surprise au siège de la FFB en 2014. Le parquet a fait appel, une audience est prévue le 26 mars.

Ce matin "il a été menaçant envers la négociatrice de la fédération", "c'est à lui qu'on a refusé d'ouvrir" et non à la délégation CGT dans son ensemble, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la FFB. La CGT a finalement quitté les lieux après avoir fait constater, par huissier, que l'accès au bâtiment lui était fermé. "La FFB choisit qui négocie" face à elle, c'est un "recul démocratique" alors que "c'est nous qui fixons notre délégation" de manière souveraine, a dénoncé M. François.

Suite, courrier FNSCBA...

Objet : Entrave à la négociation Bâtiment Ouvrier du 14 février 2018
Monsieur le Président,
Le 14 février 2018, Madame ASSALIE, votre représentante FFB a donné l’ordre à votre service
de sécurité de s’opposer à ce que la Délégation CGT Construction Bois et Ameublement,
convoquée et composée de quatre mandatés dûment désignés par notre Direction fédérale le
17 janvier, participe à la réunion de négociation portant sur la convention collective des
ouvriers du bâtiment.
Je vous rappelle, ici, la légitimité et la liberté dont disposent les organisations à composer leurs
délégations.
Manifestement, la composition de celle-ci ne convenait pas à votre organisation, d’autant que
Madame ASSALIE nous a très clairement dit, devant témoins, qu’il n’y avait pas de règle
concernant le nombre de participants par organisation syndicale.
Pour étayer la véracité de mon écrit, le 13 février nous avons participé à la négociation
Prévoyance BTP à laquelle une organisation de salariés siégeait avec cinq membres.
De plus, vos feuilles de présence avec émargements font apparaître quatre cases à disposition
pour chaque organisation présente.

Ainsi, également la règle intangible qui consiste à ce qu’une délégation ne puisse être contestée
vole en éclat !
Cette situation caractérise une entrave aux prérogatives de notre organisation CGT et une
discrimination syndicale à son encontre qui ont fait l’objet d’un constat d’Huissier.
Nous considérons que cette négociation est NULLE et NON AVENUE.
Par vos actes, vous jugez au-delà du droit. Vous créez votre propre loi.
Nous allons saisir toutes les juridictions compétentes afin de faire appliquer les dispositions
légales et conventionnelles que vous avez choisi de violer.
Recevez, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.
Serge Plechot
Secrétaire Général de la FNSCBA CGT