Envahissement du CCE de GRDF : Les suites !!!

Envahissement du CCE de GRDF : Les suites !!! 

Comme indiqué dans le communiqué aux salariés du 30 mai dernier, le CCE de GRDF a été suspendu suite à son envahissement.

Il avait à l’ODJ le dossier Projet d’Évolution des Régions, dit " PER 2019 ", pour avis. Ce projet consiste à réduire le nombre de DR de 8 à 6 en supprimant la DR MED et la DR CENTRE et répartissant les services sur les DR OUEST, SUD OUEST, EST et SUD EST (anciennement RAB), ceci afin que chaque DR intègre 2 nouvelles régions administratives complètes.
 
Alors que les militants et salariés en lutte ont, dans le simple but de se faire entendre, pris l’initiative d’envahir l’instance sans dégradation ni violence, M. Édouard Sauvage, Directeur Général de GRDF, s’adresse au secrétaire général de la FNME afin de dénoncer et condamner l’initiative militante, ciblant même deux Secrétaires Généraux de syndicat.
 
Vous trouverez en pièces jointes le courrier adressé à Sébastien Ménesplier ainsi que sa réponse sans ambiguïté.
 
Quand un militant ou un syndiqué de la CGT est visé, c’est toute la CGT qui est attaquée.

Monsieur Edouard SAUVAGE
SG/18-76 Directeur Général
GrDF
6 rue Condorcet
75009 PARIS

 

Objet : Réponse à votre courrier du 5 juin 2018

Monsieur le Directeur,
J’ai bien reçu votre courrier quant à l’action syndicale menée par la coordination régionale des syndicats CGT
en IDF, lors du CCE de GRDF, le 30 mai 2018.
Tout d’abord, je tiens à vous dire que je conteste fermement les termes que vous employez dans votre
courrier et condamne la posture utilisée en ciblant deux militants.
En effet, après échange avec mes camarades présents à cette initiative, aucun ne m’a rapporté avoir vu une
quelconque agression envers un membre de la direction.
Je crois savoir que l’entrée dans le bâtiment s’est faite sans aucune dégradation. En revanche, il est vrai que
des confettis ont été lancés dans la salle.
Par conséquent, je me permets de ne pas associer cette initiative comme une agression ou une autre forme
de violence, ces qualificatifs ne sont pour moi pas du tout appropriés.
Ce qui a peut-être été ressenti comme violent, c’est l’exposé et l’hommage rendus à notre collègue encadrant
Christian qui s’est donné la mort avec arme à feu il y a quelques semaines sur Paris et dont le dossier ferait
apparaître la responsabilité probable de l’employeur dans ce drame.
Aussi, je note dans la période un ras-le-bol grandissant au sein du personnel et plusieurs camarades présents
se sont exprimés notamment sur les revendications portées par le piquet de grève de Marseille.
Ce ras-le-bol ne date pas d’aujourd’hui au sein des IEG et encore moins au sein de GRDF.
Les agents qui sont en lutte depuis des mois pour défendre le service public de l’électricité et du gaz portent
aussi des revendications, propres à chaque site, elles sont exprimées dans des préavis déposés en local par
les syndicats CGT.
Je peux vous certifier au nom des agents présents lors de l’envahissement du CCE que le caractère
dégradant a été vécu avec une profonde violence dès la découverte de documents de vos équipes de
direction affichant :
- Des dessins de carottes ;
- La fin du cadre des IEG pour 2020 ;
- La fin des travaux gaz pour 2020 ;
- La demande d’arrêter de « materner les agents ».
Alors, s’il vous est insupportable, dégradant et violent d’écouter la souffrance et les revendications portées par
les salariés lors d’un envahissement d’une réunion du CCE de GRDF, peut-être est-il venu le temps d’ouvrir
des négociations locales et nationales à partir des préavis de grève déposés par la CGT ?
Comprenez et entendez la colère exprimée par les agents car tout au long de l’année, dans les IRP nos élus
doivent étudier des dossiers qui déstructurent l’entreprise, ferment des sites de travail, gèlent les salaires des
agents, pillent des milliards d’euros au profit des actionnaires des maisons mères, délocalisent les emplois à
l’étranger et détruisent le service public du gaz et de l’électricité.
La remise en cause des moyens bénévoles de proximité dédiés à l’activité des SLVie constitue aussi le socle
commun du ras-le-bol généralisé. L’avenir des correspondants SLVie doit être traité avec pragmatisme et
honnêteté, tant la réalité du travail mené au quotidien répond aux besoins des bénéficiaires.
Vous ne pouvez pas au gré d’un accord national supprimer autant de moyens ! A contrario, soyez responsable
et répondez localement au maintien a minima de l’existant.
Je note, à l'heure où ces lignes sont écrites, que de nombreux sites ENEDIS et GRDF en France sont touchés
par un mouvement social d’ampleur, preuve de la colère et du malaise immense que ressentent les agents
aux quatre coins de la France.
C’est pourquoi, au lieu de proférer des menaces et d’entamer des procédures de convocation au tribunal, je
vous suggère d’ouvrir, au plus vite, des négociations nationales sur le préavis de grève déposé par la FNME
CGT et des négociations locales afin de répondre favorablement aux revendications légitimes exprimées par
le personnel et déposées par les syndicats CGT dans des cahiers revendicatifs.
Sachez qu’une des valeurs fondamentales de la CGT est que lorsqu’un militant ou un syndiqué est visé, c’est
toute la CGT qui est attaquée !
Comprenez alors que dans la période, je resterai extrêmement vigilant quant à votre posture vis-à-vis des
militants et syndiqués de la CGT.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes salutations distinguées.
Le Secrétaire Général,
Sébastien MENESPLIER